Troisième Passwerk Lifetime Achievement Award attribué à Peter Vermeulen

Le 14 novembre, nous avons décerné notre troisième PLAA (Passwerk Lifetime Achievement Award). Cette fois-ci, Peter Vermeulen a été l'heureux lauréat. Peter se dévoile dans l'interview ci-dessous. Pour la première fois, la remise du prix s'est déroulée à De Ark, une salle polyvalente flottante, amarrée à proximité de la capitainerie du port d'Anvers. Ce soir-là, nous avons accueilli environ quatre-vingts personnes.

Le document officiel a été remis au lauréat par la présidente de notre conseil d'administration, Kristiene Reyniers. Cas Raaijmakers, l'auteur de la biographie de Peter, a donné une brève explication sur la réalisation de son travail. Et enfin, ce fut au tour de Peter Vermeulen de prendre la parole pour rebaptiser le prix PLAA en « Passwerk Lifetime AanmoedigingsAward » (prix Passwerk d'encouragement). Il est clair que Peter n'est pas prêt de s'arrêter !


Vous trouverez ci-dessous l'entretien avec Peter, ainsi qu'une impression de la cérémonie.


Au cours de la période qui vient de s'écouler, vous avez eu plusieurs entretiens avec Cas Raaijmakers, le rédacteur de votre biographie, qui fa été rédigée à l'occasion de ce troisième prix PLAA. Comment avez-vous vécu ces entretiens ?


Ils ont été agréables. Cas est un homme talentueux. Parfois, ses questions étaient difficiles à accepter car il me tendait ainsi un miroir. Mais cela m'a aussi permis de redécouvrir des choses de mon passé que j'avais oubliées (ou refoulées ?). Ce que j'admire chez Cas, c'est la curiosité naturelle qu'il a manifestée, son envie de connaître l'homme derrière « Peter Vermeulen ». Et ensemble, nous avons aussi bien mangé...


Avez-vous tenté de délivrer un message par le biais de votre biographie ?


Non, je n'avais pas vraiment l'intention de faire passer un message. Je me suis plutôt laissé mener par ce que Cas projetait de faire. Mais je n'ai pas caché ma vulnérabilité, démontrant ainsi que je ne suis qu'un homme. C'est curieux ! Dès qu'une personne devient populaire, on ne voit plus que ses succès. On oublie que cette personne est également aux prises avec les problèmes qui arrivent à tout le monde.


Est-ce votre première récompense ? Qu'est-ce que cela vous fait de la recevoir ?


Je pensais que c'était ma première récompense jusqu'à ce que je me rende compte, pendant mes entretiens avec Cas, que j'avais déjà reçu une récompense avant le début de ma carrière. Et celle-ci, je l'avais complètement oubliée. Lorsque j'ai terminé mes études à l'Institut des Sciences de la famille en 1985, des études que je combinais avec ma formation de pédagogue, j'ai reçu le prix Prof. Schockaert du mémoire le plus remarquable pour mon travail de fin d'études sur la maltraitance des personnes âgées. J'étais apparemment le premier en Flandre à aborder le sujet.

Mais cela dit, le prix que je viens de recevoir a une signification beaucoup plus importante pour moi. Il représente une magnifique reconnaissance pour tous les efforts que j'ai fournis en travaillant dans le domaine de l'autisme.


Quelles sont les personnes qui vous ont le plus inspiré dans le monde de l'autisme ?


Elles ont été nombreuses. Mais je vais en nommer quelques-unes : le professeur Gary Mesibov de TEACCH auprès duquel j'ai entamé ma formation en 1987. Il y a deux ans, j'ai donné une journée de formation complète avec Gary dans le Kent et bien qu'il était à la retraite depuis déjà un moment, il m'a encore beaucoup appris ce jour-là. Nous avons encore discuté toute une soirée au pub. C'était génial !

Je pense aussi, bien sûr, à Théo Peeters. C'est lui qui a introduit TEACCH et Gary en Flandre. Théo y a préparé le terrain pour permettre une meilleure compréhension et une connaissance accrue de l'autisme.

Et bien entendu, il ne faut pas oublier : mes collègues des premières heures à l'association flamande de l'autisme (Vlaamse Vereniging Autisme). Dirk, Lut, Moniek, Det, Monica, Cis… Même si, à l'époque, nous incarnions l'adage « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois », je pense que nous nous sommes inspirés mutuellement et que nous avons contribué ensemble à rendre le monde meilleur pour les personnes atteintes d'autisme.


Kristiene Reyniers remet le certificat à Peter Vermeulen.

Est-ce que d'après vous certaines personnes devraient un jour remporter ce prix PLAA ?


Et bien, justement les personnes que je viens de citer. Cis l'a déjà reçu. Mais je trouve que chacun des accompagnateurs à domicile des premières heures, on parle ici des années quatre-vingt, méritent tous un PLAA: Det, Dirk, Moniek et Lut. Il ne faut pas oublier que ce petit groupe est non seulement à l'origine du réseau d'accompagnement à domicile actuel, mais aussi du magazine Autisme et du centre d'information.

Et les parents des premières heures sont aussi méritoires. Ils sont entièrement ou partiellement à l'origine de toutes les initiatives qui existent actuellement en Flandre dans le domaine de l'autisme.


Que pensez-vous de la version finale de votre biographie ?


Je n'en suis pas peu fier, même si je persiste à croire que mon histoire est loin d'être terminée. Cela m'impressionne aussi qu'elle soit si populaire...


Votre nom sera immortalisé par votre biographie, la plaque commémorative et la salle dans les bureaux de Paaswerk qui porte maintenant votre nom. Ça vous fait quoi ?


Et bien, pour commencer, j'espère qu'il sera effectivement « immortalisé », car je souhaite à Passwerk une existence d'encore au moins un siècle ! Mais je crains que dans un siècle, nombreux seront ceux qui se demanderont qui peut bien être ce Vermeulen de la plaque commémorative. Et j'espère aussi que ceux qui ne passeront pas les examens d'évaluation de Passwerk n'associeront pas leur échec à mon nom sur la porte de la salle...


Y a-t-il certaines choses que vous aimeriez encore réaliser dans votre domaine professionnel ?


Oui, après m'être concentré toutes ces années sur ce qui rend l'autisme si particulier et exceptionnel, j'aimerais désormais mettre l'accent sur le dénominateur commun entre personnes avec autisme et ceux qui n'en souffrent pas. J'aimerais mettre l'accent sur ce qui les unit.


Auriez-vous un conseil à donner aux parents d'un enfant ou d'un jeune autiste ?


La liste est trop longue, mais j'aimerais surtout dire ceci : même s'il est capital de poser un diagnostic, l'autisme n'est jamais que l'une des nombreuses étiquettes qui caractérisent votre enfant. Faites connaissance avec cet autisme, mais n'en faites rien de plus que ce qu'il est. N'ignorez pas les autres étiquettes que porte votre enfant et en particulier, les caractéristiques positives, ses qualités, ses forces et ses centres d'intérêt. Et n'oubliez pas qu'une seule étiquette est importante au bout du compte : le nom que vous avez choisi pour cet enfant.


D'après vous, quel est le plus gros malentendu à propos de l'autisme ?


Que les gens avec autismeont moins à offrir à la société que les autres. Mais aussi que les personnes avec autismene sont pas empathiques, qu'ils manquent de souplesse et qu'ils sont toujours doués pour voir les détails. En bref, les malentendus apparaissent surtout du fait de stéréotypes.


Est-ce que l'inclusion des autistes dans la société est pour vous un objectif important ? Comment doit-on procéder pour l'atteindre ?


L'inclusion est ce qu'il y a de plus important ! Je ne peux pas m'imaginer qu'une personne remette cette inclusion en question car de fait, elle choisit l'exclusion. L'inclusion ne va pas de soi, mais cela commence par accepter la diversité (neurologique) et par la solidarité avec les personnes « différentes ». Et ensuite, nous devons trouver une manière d'accorder à cette différence une place à part entière dans notre société.


Serait-il dès lors nécessaire de modifier certaines politiques pour accroître leur efficacité ?


En ce qui me concerne, je pense qu'il faudrait cesser d'aborder l'autisme du point de vue purement médical en le considérant comme un handicap, pour le considérer comme un modèle de citoyenneté : il faudrait tout d'abord considérer les personnes avec des limitations comme des citoyens ayant les mêmes droits et obligations que les autres.


Souhaitez-vous faire passer un message au lecteur ?


Oui, soyez très critique vis-à-vis des informations sur l'autisme. Et particulièrement par rapport à ce que l'on trouve sur Internet, dans les médias sociaux et la presse grand public. Vérifiez les faits, cherchez les sources. Car malheureusement, avec la digitalisation, les fakes news en matière d'autisme ont également gagné du terrain.


Souhaitez-vous encore remercier une personne en particulier pour tout ce que vous avez atteint ?


Non, personne en particulier, comme je l'écrivais dans ma postface à ma biographie : je suis devenu celui que je suis grâce à tous ceux qui ont croisé mon chemin. Et j'aimerais donc remercier tout le monde. Seul mon nom est inscrit sur le prix, mais en fait, le nom de tous ceux que j'ai rencontrés devrait y figurer. Car ils ont fait de moi la personne que je suis actuellement.

Et bien sûr, je remercie Passwerk pour cette distinction !!!


Qu'est-ce qui a changé en bien au cours des dix dernières années ?


Je pense que les connaissances sur l'autisme ont énormément augmenté et par là même la volonté de rendre la société plus adaptée aux personnes avec autisme. Je voyage dans le monde entier, donc j'ai quand même un peu matière à comparer. Et je dois aussi dire : même si le chemin à parcourir reste long, en Flandre, nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli dans le domaine de l'autisme. Les pays dont les connaissances en la matière n'arrivent pas à la cheville des nôtres sont nombreux.


Peter Vermeulen


Cas Raaijmakers explique la biographie qu'il a écrite sur Peter Vermeulen.



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